Muguette Rivillon se sépare de ses dernières oeuvres

Dernières oeuvres de Muguette Rivillon
Muguette Rivillon est contrainte de quitter son appartement parisien pour un logement plus petit à la campagne et se trouve obligée de se séparer de nombre de ses dernières pièces. Hélas, elle est confinée dans son appartement parisien.
 
Muguette Rivillon quitte Paris pour la région d’Arcachon où chacun de ceux qui ont apprécié son travail pourra encore lui rendre visite et admirer les dernières pièces qui lui restent .

Muguette Rivillon, née en 1932, est une de ces céramistes des années 80 qui tombèrent dans la céramique et l’art des émaux de cendre et de hautes températures à la lecture des ouvrages de frère Daniel de Montmollin .
Ses débuts dûrent tout au hasard ! Licenciée abruptement du poste de comptable qu’elle occupait dans une entreprise, elle réussit à obtenir une indemnité substantielle qui jointe au prix de vente de son appartement parisien lui permit de changer complètement de mode d’existence et d’aborder une vie moins contraignante. Attirée spontanément par l’idéal de l’artisanat d’art, elle se tourna d’abord par affinité avec une de ses amies vers un atelier du cuir. Là, une amie de cette amie l’entraîna vers la céramique qu’elle appréciait déjà. Elle avait acquis une petite maison à Ris Orangis où elle se lança à fond dans l’apprentissage et l’exercice de ce qui devait être pour elle désormais une véritable passion. Elle bricola de premiers essais dans sa cuisine, acquit d’abord un four électrique puis un four à gaz et suivit dès lors un certain nombre de stages dûment formateurs. Le premier fût chez Françoise Radowic, puis ce furent l’arelier Drillon-Vivien d’Athis-Mons, Annie Fourmanoir dont la qualité de tournage fit son admiration, Loul Combres, Christian Coissieux dans le Larzac pour le travail des émaux , le CNIFOP également où ses essais d’émaux étonnèrent les autres élèves. L’été qu’elle passait souvent en Bretagne elle pratiqua quelques marchés de potiers locaux sans rencontrer de grands succès semble t il.
 
N’empêche...pendant une dizaine d’années, entre 1985 et 1996 Muguette Rivillon ne cessa de poursuivre la beauté, principalement sur de petits vases boules, en grès ou porcelaine, ou de petits soliflores élancés d’un raffinement  extrême, bien souvent riches d’un éclat de gemmes, parfois au contraire offrant un éventail de nuances moirées particulièrement séduisantes. Chacune de ses expériences était génératrice de nouvelles merveilles ! Elle sut admirablement puiser aux cendres de foin, de roseaux ou de châtaigniers ! Mais elle s’attaqua aussi à de plus hauts vases plats façonnés à la plaque, davantage loins de la tradition mais dont la poésie de l’émail était toujours au premier plan !

Je rencontrai son travail tout à fait par hasard, à l'occasion d’une visite aux Puces de Paris, où je découvris soudain, à l’entrée d’un magasin de porcelaines chinoises que je pratiquais occasionnellement, une vitrine entièrement consacrée à ces superbes petites pièces. La jeune femme qui tenait cette belle boutique, Paola Lumbroso, devenue maintenant une galeriste réputée, m’apprit qu’elle reprenait le fonds de son père et allait s’orienter vers la céramique contemporaine. Une amie de Muguette Rivillon lui avait présenté son travail qu’elle avait aussitôt décidé de montrer au public. Passionné moi aussi par cet art de l’émail à la suite de ma découverte toute récente des émaux de Daniel de Montmollin et frappé par la beauté de ces pièces venant d’une inconnue , je lui offris d’essayer de placer un article touchant sa protégée auprès de la Revue de la Céramique et du Verre (Cf. RCV n°.128, janvier/février 2003 ).D'où résulta une grande exposition personnelle qui fût une belle réussite. Mais, pour Muguette, cela venait trop tard, car contrainte de revenir habiter Paris, elle dût se séparer de son four à gaz et, maintenant plus âgée, reculait devant le problème de retrouver un atelier.

Je l’avais adressée à mon ami le céramiste breton Yvon Le Douget qui apprécia grandement son talent et j’avais envoyé quelques photographies de ses pièces à frère Daniel qui eût à coeur de me répondre ceci: «pour Muguette Rivillon j’admire qu’en dix ans elle ait réussi à produire de tels émaux ! » .Quel plus bel éloge !

Les hasards des ventes à l’Hôtel Drouot font réapparaître occasionnellement dans les ventes spécialisées de céramique contemporaine sa signature gravée très facile à reconnaître: un « m surplombant un R » toujours très lisible, preuve que son talent trop discret a su néanmoins la faire pénétrer dans quelques collections de choix et que son nom restera en bon rang parmi les meilleurs artistes de cet art si difficile qu’est l’Art des émaux de haute température. Dans quelques années, Alexis Mostini, jeune galeriste épris de qualité mais surtout très savant connaisseur de l’histoire de la céramique d’art, ne sera pas le dernier à rechercher activement des pièces portant sa signature !

Jean François Juilliard

On peut prendre contact avec elle au 01 42 54 43 50


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